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La caravane et ses premiers propriétaires. (Crédit : famille MacLaren)

L’histoire qui m’a fait changé d’avis

Collectionner, c’est établir un lien entre le temps et l’espace. Nous utilisons nos connaissances et nos réseaux pour chercher des objets porteurs d’une mémoire importante dans l’histoire des sciences et de la technologie au Canada. Mais parfois, quand nous ne savons même pas que nous devrions être à la recherche d’un objet, celui-ci nous trouve et nous oblige à regarder au-delà des priorités que nous avions établies pour nos collections et nous fait découvrir un véritable trésor.

Intérieur de la caravane montrant la glacière. Plaque d’immatriculation au-dessus. (Crédit : famille Desjardins)

Intérieur de la caravane montrant la glacière. Plaque d’immatriculation au-dessus. (Crédit : famille Desjardins)

En septembre 2014, j’ai reçu un courriel d’un collègue du Musée des Beaux-arts du Canada. Il avait vu une caravane fabriquée au Canada qui avait été restaurée avec soin et voulait savoir si nous souhaitions l’acquérir. Il s’agissait d’une caravane Brantford de la fin des années 1930 fabriquée par Canada Carriage & Body Limited. C’était intéressant, mais à première vue, elle datait pratiquement de la même époque que notre autocaravane Nash du même genre et rendait ma décision difficile. J’ai regardé les photographies et ouvert un dossier pour cette caravane que j’ai classé sur mon bureau dans la pile « poursuivre les recherches ».

Extérieur de la caravane restaurée. (Crédit : famille Desjardins)

Extérieur de la caravane restaurée. (Crédit : famille Desjardins)

Je réfléchissais encore aux mérites de la caravane Brantford lorsque sa propriétaire m’a directement appelé en décembre pour savoir si je souhaitais l’acheter. Après lui avoir répondu que je devais approfondir mes recherches avant de pouvoir prendre une décision, je lui ai demandé ce qu’elle savait au sujet de la caravane. Bien que l’anglais soit sa deuxième langue, elle m’a raconté une histoire passionnante et captivante qui m’a obligé à reconsidérer ce que j’avais présumé à propos de la caravane. Grâce aux noms, aux dates et aux détails techniques qu’elle m’a fournis, j’ai commencé à rassembler l’histoire de Brantford et découvert une partie de la richesse et de la complexité de la vie à l’époque de la grande dépression au Canada.

Canada Carriage & Body Co. Ltd était un fabricant bien établi qui avait survécu au déclin du marché de la voiture et à la montée de l’automobile. Cherchant des moyens de diversifier sa ligne de produits pendant les maigres années 1930, il avait acheté la petite entreprise de remorques de Fred Knechtel. Ébéniste doué qui construisait auparavant des meubles radio, M. Knechtel avait décidé de concevoir des remorques pour le marché émergent du tourisme automobile. Canada Carriage a fabriqué les remorques caravanes Brantford pendant quelques années jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale sous la supervision attentive de M. Knechtel.

La caravane Brantford après 50 années d’entreposage. (Crédit : famille Desjardins)

La caravane Brantford après 50 années d’entreposage. (Crédit : famille Desjardins)

Entre-temps, dans Outremont, un riche quartier du grand Montréal, Wallace Anderson MacLaren avait décidé qu’il devait profiter du réseau croissant de routes avoisinantes pour explorer le Canada. Il a acheté la caravane Brantford vers 1937 et au cours des dix années suivantes, a satisfait son goût de l’aventure en prenant la route avec sa famille pour découvrir certains des plus beaux endroits au pays.

La caravane et ses premiers propriétaires. (Crédit : famille MacLaren)

La caravane et ses premiers propriétaires. (Crédit : famille MacLaren)

La famille MacLaren a cessé d’utiliser la caravane en 1949, mais l’a entreposée de manière sécuritaire dans un garage de leur chalet au Lac Louisa dans les Laurentides. La caravane y est demeurée pendant 50 ans jusqu’à ce que les voisins des MacLaren manifestent le désir de la restaurer et de l’utiliser. Lorsque la famille Desjardins a pris possession de la caravane Brantford, elle est non seulement devenue sa propriétaire, mais aussi sa gardienne et, éventuellement, a plaidé sa cause pour qu’elle ait sa place dans notre histoire. En assumant tous ces rôles, elle a maintenu un lien vital avec le passé et m’a aidé à monter un dossier solide pour l’acquisition de cette pièce unique dans l’histoire automobile du Canada.

Mon amie, l’ingénieure Cloé Doucet, au Manitoba, lors d’un travail de remplacement d’un déversoir.

« La femme qui conduit le gros camion ! »

Au fil de mes voyages à travers le Canada — dont le but était d’interviewer des vétérans des secteurs minier, métallurgique et pétrolier —, l’une des questions que j’abordais était celle-ci : « À quel point les femmes ont-elles été présentes (ou absentes) dans votre milieu de travail? » Invariablement, je recevais la même réponse : presque totalement absentes. La plupart des répondants chevronnés déclaraient qu’à l’époque, on ne retrouvait tout simplement pas de femmes dans les écoles de génie. Néanmoins, plusieurs femmes réussissaient à dénicher un poste administratif au sein du monde des ressources naturelles.

Aujourd’hui, lorsque je vais dans les écoles pour m’adresser aux jeunes, ce n’est pas à moi qu’ils veulent parler : c’est à la femme qui conduit le gros camion !

Plus récemment, plusieurs compagnies ont déployé des efforts afin d’augmenter le nombre de femmes qui occupent des postes qualifiés. Eric Newell, ancien directeur général de Syncrude, explique comment la compagnie a mis en œuvre son programme Bridges au milieu des années 90 : un programme qui visait à encourager les travailleuses à faire le saut de leur rôle administratif vers un poste dans un monde majoritairement constitué d’hommes. « Pendant deux semaines, on leur enseignait les métiers techniques, ensuite elles étaient jumelées à un travailleur et, finalement, elles devaient travailler sur un cycle de travail de 28 jours. […] Aucune n’a demandé à reprendre ses anciennes fonctions. En définitive, 25 % de nos conducteurs de camions de 40 tonnes étaient maintenant des femmes (comparativement à 4 % ou 5 % auparavant). Nous avons même reçu le prix Maclean’s du meilleur employeur de l’année. […] Aujourd’hui, lorsque je vais dans les écoles pour m’adresser aux jeunes, ce n’est pas à moi qu’ils veulent parler : c’est à la femme qui conduit le gros camion! »

Perspective au niveau du sol d’un camion lourd et d’une pelle mécanique chez Syncrude. Photo courtoisie de Syncrude Canada Ltd.

Perspective au niveau du sol d’un camion lourd et d’une pelle mécanique chez Syncrude. Photo courtoisie de Syncrude Canada Ltée.

De nos jours, la majorité des jeunes diplômés universitaires sont des femmes, et même si les programmes de génie sont encore reconnus pour leur sous-représentation des femmes, les taux d’inscription ont néanmoins considérablement augmenté. Ainsi, il est moins probable que les femmes choisissent ou obtiennent un emploi dans les domaines des sciences, de la technologie, du génie et des mathématiques. Cette réalité contraste nettement avec la situation de tous les autres domaines d’études ou presque, où les femmes comptent pour la majorité des diplômés. Comment expliquer ce phénomène? Pourquoi les femmes sont-elles moins tentées et moins susceptibles de trouver un emploi dans le secteur des ressources naturelles?

Les parents, les enseignants et les mentors jouent tous un rôle très important pour une jeune femme.

« Assez curieusement, dans le secteur minier, nous n’avons pas réussi… à susciter l’intérêt des femmes envers ce domaine », déclare le Dr Samuel Marcuson, ancien vice-président de Vale. « Lorsque j’ai commencé à travailler, dans les années 1970 et 1980, on retrouvait beaucoup de photos de pin-up et de femmes nues sur les murs. Alors, à cette époque, les femmes qui se joignaient à ce milieu devaient forcément tolérer cela. » Ces comportements ont bel et bien été bannis du lieu de travail, mais, comme l’explique le Dr Marcuson, il aura fallu plusieurs décennies pour que la plupart des compagnies en viennent à les interdire.

 

Mon amie, l’ingénieure Cloé Doucet, au Manitoba, lors d’un travail de remplacement d’un déversoir.

Mon amie, l’ingénieure Cloé Doucet, au Manitoba, lors d’un travail de remplacement d’un déversoir.

Même si les milieux de travail s’efforcent d’être beaucoup plus invitants, des difficultés peuvent tout de même persister. La Dre Mary Wells, doyenne associée et professeure en génie à l’Université de Waterloo, explique que les femmes peuvent être soumises à des microagressions. Il s’agit d’offenses brèves, commises de façon verbale ou physique, parfois non intentionnelles, qui se transforment en affronts. Par exemple, selon la Dre Wells, la « réaction de surprise que reçoit une femme qui déclare à ses collègues qu’elle est ingénieure » en est un exemple. « À la longue, cela peut avoir un effet négatif et débilitant. » Les horaires de travail de plusieurs emplois de l’industrie des ressources naturelles peuvent également faire en sorte qu’il soit difficile pour une femme de passer du temps avec sa famille. En fait, « le taux d’abandon chez les femmes est beaucoup plus élevé en milieu de carrière, […] là où les horaires de travail sont moins souples », d’ajouter la Dre Wells. Sur une note plus positive, certaines entreprises offrent du mentorat et s’adaptent de plus en plus aux besoins des familles. « L’Entreprise CEZinc, par exemple, a instauré une politique qui oblige les employés à terminer les réunions avant 16 h 30 », explique la Dre Wells. L’avenir lui semble prometteur étant donné que les hommes sont de plus en plus engagés dans les obligations familiales. Ainsi, le fait qu’incombent maintenant aux hommes des responsabilités telles que les congés parentaux ou le besoin de terminer le travail plus tôt pour aller chercher les enfants à la garderie a permis de faire comprendre aux employeurs les difficultés qui étaient habituellement l’apanage des femmes.

L’avenir saura nous le dire, mais une influence positive fait son œuvre bien plus tôt, conclu la Dre Wells. « Les parents, les enseignants et les mentors jouent tous un rôle très important pour une jeune femme. »

 

Photo courtoisie de RHiM

Photo courtoisie de RHiM

Remerciements :

Merci mille fois à Eric Newell, Sam Marcuson, Mary Wells et à tous les autres répondants pour leur rigueur et leur candeur. J’aimerais accorder une mention spéciale à ma chère amie Cloé, qui est un exemple dans le domaine.

Image en couverture courtoisie du Conseil des ressources humaines de l’industrie minière (RHiM)

Sources :

Catalyst. 2013. « Catalyst Quick Take: Women in Male-Dominated Industries and Occupations in U.S. and Canada ». New York : Catalyst. (en anglais seulement) http://www.catalyst.org/knowledge/women-male-dominated-industries-and-occupations-us-and-canada

HANGO, Darcy. 2013. « Les différences entre les sexes dans les programmes de sciences, technologies, génie, mathématiques et sciences informatiques (STGM) à l’université. » Regards sur la société canadienne, décembre, produit no 75-006-x au catalogue de Statistique Canada. http://www.statcan.gc.ca/pub/75-006-x/2013001/article/11874-fra.htm

MARCUSON, Sam. 23 juillet 2015. Entrevue avec Sam Marcuson, Projet patrimonial sur l’histoire métallurgique et minière. Toronto, Ontario, en personne (entrevue réalisée par William McRae).

Ressources naturelles Canada. Août 2014. « 10 faits sur les ressources naturelles au Canada ». https://www.nrcan.gc.ca/sites/www.nrcan.gc.ca/files/files/pdf/10_key_facts_nrcan_f.pdf

NEWELL, Eric. 22 avril 2015. Entrevue avec Eric Newell, Projet patrimonial sur l’histoire métallurgique et minière. Edmonton, Alberta, en personne (entrevue réalisée par William McRae).

WELLS, Mary. 6 octobre 2015. Entrevue téléphonique avec Mary Wells, Projet patrimonial sur l’histoire métallurgique et minière (entrevue réalisée par William McRae).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Figure 5. Ferronnerie à la bibliothèque.

« Entrez au couvent ! » : Trouver l’histoire de la métallurgie dans un monastère

Bien que l’histoire de la métallurgie canadienne soit d’importance nationale, notre collection dans ce domaine est plutôt restreinte. Avant de pouvoir décider quoi collectionner, il me fallait acquérir une meilleure compréhension du sujet. Par conséquent, en juin 2015, je suis allée à la Georg Fischer Iron Library dans le petit village suisse de Schlatt pour y séjourner pendant trois semaines à titre de chercheuse résidente, en vue d’étudier l’histoire de la métallurgie, et le transfert de la technologie entre l’Europe et le Canada.

 

Figure 1. Klostergut Paradies.

Figure 1. Le monastaire de Klostergut Paradies, près du village de Schlatt en Suisse.

 

La Iron Library possède la plus importante collection de livres au monde sur l’exploitation minière et la métallurgie (Figure 1). Elle est située à Klostergut Paradies, un ancien monastère établi par l’Ordre des Pauvres Dames (clarisses) en 1253. En 1918, Georg Fischer AG (GF), un important fabricant de fer, d’acier et de plastique a acheté le couvent avec ses terres agricoles en vue de cultiver des aliments pour les travailleurs de la compagnie. À l’intérieur du monastère, Fischer a découvert une grande bibliothèque de livres portant sur les mines et la métallurgie et, plutôt que de la démanteler, la compagnie a décidé d’investir dans la collection. Aujourd’hui, les ressources documentaires de la bibliothèque sont sans égales dans le monde (Figure 2). Entourée de villes possédant une riche histoire métallurgique, la Iron Library offre un environnement parfait pour étudier le domaine.

 

Figure 2. Bibliothèque et centre de formation de la Georg Fischer Iron Library.

Figure 2. Bibliothèque et centre de formation de la Georg Fischer Iron Library.

 

J’avais un plan de recherche ambitieux pour mon séjour de trois semaines. J’ai commencé en consultant des monographies portant sur l’histoire de la métallurgie en général, et sur l’histoire de la métallurgie européenne. Cela m’a permis de placer les développements au Canada dans un contexte culturel et technologique plus large. Ensuite, j’ai examiné les ressources archivistiques de GF pour déterminer les liens avec les entreprises canadiennes. En fait, la collection archivistique s’est avérée très intéressante. Elle contenait des dossiers sur les turbines Fischer fournies pour les projets Kitimat‑Kemano d’Alcan, les centrales Bersimis d’Hydro‑Québec et la centrale Sir Adam Beck No. 2 d’Hydro-Ontario. J’ai été étonnée de découvrir que, en 1956, le professeur Gérard Letendre qui, selon des chercheurs canadiens, avait conseillé le premier ministre Duplessis de ne pas investir dans l’industrie de l’acier au Québec, avait demandé des capitaux de GF pour un centre de recherche métallurgique au Canada. Les documents montrent également que, lorsque Gordon MacMillan, vice‑président de la Canadian Car Company, avait demandé à visiter les usines de GF en 1956, le dirigeant de GF avait refusé sans ambages, en répondant   cavalièrement qu’il était « enclin à considérer la visite envisagée dépourvue de l’avantage (…) et juge préférable pour [MacMillan] d’annuler votre visite à Schaffhouse. »

 

Figure 3. Turbine Pelton conçue pour le projet Kitimat Kemano d’Alcan en Colombie-Britannique.

Figure 3. Une turbine de type Pelton conçue pour le projet Kitimat-Kemano d’Alcan en Colombie-Britannique.

 

Enfin, j’ai consulté des manuscrits et des publications uniques datant des quinzième au dix‑huitième siècles, contenant des dessins, des clichés et des gravures sur bois, comme L’art d’exploiter les mines de Jean‑François Morand, et Theatrum Machinarum, de Jacob Leupold. Les images que j’ai trouvées ont remis en question mes hypothèses sur les rôles des femmes dans le domaine de l’exploitation minière et de la métallurgie, un sujet que je dois maintenant étudier de façon plus approfondie (Figure 4).

 

Figure 4. (A) Des femmes travaillant dans une mine de charbon au début des années 1700. (B) Cette miniature en ivoire montre des femmes forgeant de l’acier de Damas.

Figure 4. (A) Des femmes travaillant dans une mine de charbon au début des années 1700. (B) Cette miniature en ivoire montre des femmes forgeant de l’acier de Damas.

 

J’ai visité une usine de fer de GF à Singen, en Allemagne, ainsi qu’une usine de plastique à Schaffhouse, en Suisse; j’ai rencontré le personnel de GF et des chercheurs invités venant d’aussi loin que le Népal et le Japon. Pourtant, de façon fortuite, la recherche à la Iron Library a révélé une histoire inattendue de « collection et connexion ». La bibliothèque contenait une collection de Polonica, une documentation sur la métallurgie publiée en Pologne entre les années 1960 et le début des années 1980. Comment la Iron Library était‑elle parvenue à acquérir une telle collection? Comme l’a révélé la correspondance archivistique, au début des années 1960, la bibliothèque avait fait des démarches auprès de l’Académie des mines et de la métallurgie, à Cracovie, lui demandant de l’aide pour acquérir des publications produites en Pologne, communiste à l’époque, qui n’étaient pas disponibles à l’étranger.

 

Pourtant, de façon fortuite, la recherche à la Iron Library a révélé une histoire inattendue de « collection et connexion ».

 

L’un des professeurs, M. Jerzy Piaskowski, qui possédait une collection privée sur l’histoire de la métallurgie, a accepté avec enthousiasme de fournir des livres et des revues en échange de matériel publié en Europe occidentale. À l’époque, comme Piaskowski a expliqué dans l’une de ses lettres, c’était la seule façon que des livres de l’Ouest pouvaient se rendre à un chercheur à partir du bloc communiste. M. Piaskowski a produit des bibliographies manuscrites, qu’il a postées à la Iron Library. Le personnel de la Iron Library procéderait à une sélection et retournerait les bibliographies à M. Piaskowski. Ce dernier a ensuite acheté les livres et les a envoyés à la Iron Library, accompagnés d’une liste de publications qu’il désirait recevoir en retour, de valeur équivalente à son envoi. Cette coopération a duré pendant près de deux décennies. À un moment donné, au milieu des années 1960, la Iron Library a invité M. Piaskowski pour une visite. Il a répondu de façon diplomate – pour ne pas offenser les examinateurs à la censure et mettre en péril ses communications futures avec la Iron Library – qu’il était impossible pour lui de voyager à l’extérieur de la Pologne. Lorsque le personnel de la Iron Library a changé et que les politiques sur les collections sont devenues plus pragmatiques au début des années 1980, le nouveau bibliothécaire a donné à entendre, dans l’une des dernières lettres adressées à M. Piaskowski, que les livres en polonais n’étaient pas utiles pour la clientèle de la Iron Library. « Peut‑être que, présentement, il n’y a personne qui peut lire mes documents » – a répondu M. Piaskowski – « mais il y en aura à l’avenir ». J’aimerais pouvoir lui dire qu’il avait raison.

 

Figure 5. Ferronnerie à la bibliothèque.

Figure 5. Ferronnerie à la bibliothèque.

 

Ressources :

Catalogue de la Eisenbibliothek, Schlatt

Remerciements :

J’aimerais remercier la Georg Fischer Iron Library Foundation pour son généreux soutien à l’égard du programme de chercheurs en résidence. Le merveilleux personnel de la Iron Library : Franziska, Florian et Uta, ont rendu mon séjour vraiment spécial.

Photo : Située au 4000, rue Saint-Ambroise, à Montréal, la société Coleco Canada comptait parmi les quelques entreprises ayant fabriqué des consoles de jeux vidéo au pays.

Transition vers le numérique : l’indissociabilité du matériel et du logiciel

Il y a de cela plus d’un an, on m’a demandé d’explorer le monde des jeux vidéo « canadiens » et de proposer des modèles d’exposition d’artefacts à tenir en 2016. Le seul hic était que le Musée ne possédait pas beaucoup de tels artefacts. Devrais-je donc partir à zéro et monter une nouvelle collection? Nous avions bien quelques pièces intrigantes qui pouvaient me servir comme point de départ… Or, l’examen initial de ces objets et de leur histoire a façonné ma manière de conceptualiser les mondes physiques et numériques, de même que le flou qui les sépare.

Photo: Mise au point par la société Flim Flam et distribuée au Canada par la firme G.A.M.E. ltée, la table proposait quatre jeux, soit Flim Flam Tennis, Flim Flam Hockey, Knockout et Knockout Doubles, tous des clones du jeu Pong.

Photo: Mise au point par la société Flim Flam et distribuée au Canada par la firme G.A.M.E. ltée, la table proposait quatre jeux, soit Flim Flam Tennis, Flim Flam Hockey, Knockout et Knockout Doubles, tous des clones du jeu Pong. No. d’artefact : 1985.0580 STMTC

Le premier vrai jeu vidéo acquis par le Musée se présente sous forme de jeu d’arcade en style de table de salon (1985.0580). Cet ajout à la collection nationale a vite été suivi par l’acquisition en 1987 d’une console de jeux l TELSTAR (1987.0457), fabriqué par la société Coleco Canada. Comme les jeux (des clones de Pong dans les deux cas) font partie intégrante de ces premiers artefacts, contrairement aux ordinateurs sur lesquels on peut jouer ou non, ils constituent donc des exemples à la fois matériels et logiciels du divertissement électronique.

Légende : On peut voir la vidéo d’une table Flim Flam remise en état par un dénommé DeLuSioNaL Arcade montrant comment les jeux se déroulaient (https://www.youtube.com/watch?v=AVKOjKl3dPU, en anglais seulement).

Photo : On peut voir la vidéo d’une table Flim Flam remise en état par un dénommé DeLuSioNaL Arcade montrant comment les jeux se déroulaient (https://www.youtube.com/watch?v=AVKOjKl3dPU, en anglais seulement).

De nombreux fabricants ont conçu des versions misant sur l’immense succès de Pong, commercialisé par Atari. Considéré comme étant le premier jeu d’arcade d’un succès commercial, l’original a en outre ouvert un marché pour les consoles résidentielles (Odyssey de Magnavox et Home Pong d’Atari). Les deux artefacts ont eu leur rôle à jouer dans le développement d’une industrie et d’une culture du jeu vidéo au Canada. Bien qu’ils aient été acquis séparément, je ne peux m’empêcher de croire qu’on les a toujours imaginés ensemble au sein de la collection. Combinés, ils illustrent en effet la montée en popularité du divertissement électronique à l’échelle nationale au milieu des années 70. La table de jeux et la console résidentielle représentent l’éventail croissant d’endroits où les consommateurs étaient invités à jouer, tout en révélant que l’industrie s’est d’abord formée en copiant des logiciels populaires au lieu d’innover. Ces objets constituent une excellente amorce de discussion sur l’adoption des technologies et la valeur culturelle et sociale des jeux vidéo.

Photo : Située au 4000, rue Saint-Ambroise, à Montréal, la société Coleco Canada comptait parmi les quelques entreprises ayant fabriqué des consoles de jeux vidéo au pays.

Photo : Située au 4000, rue Saint-Ambroise, à Montréal, la société Coleco Canada comptait parmi les quelques entreprises ayant fabriqué des consoles de jeux vidéo au pays. No. d’artefact : 1987.0457 SMSTC.

En analysant les deux artefacts, on comprend rapidement qu’il faut aller au-delà de leur matérialité. Avant de partir à leur recherche au sein des pièces de la collection, j’envisageais de traiter les éléments matériels et logiciels séparément, comme des entités bien distinctes à examiner. Or, la table et la console m’ont fait réaliser que le caractère physique de ces éléments est intrinsèquement lié à leur caractère numérique, et que c’est en les examinant de manière globale qu’on pourra en tirer une signification plus profonde.

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Partie 5 : Innovations canadiennes pour la photographie panoramique

Historique :

 

Appareil photo panoramique Cirkut Century 46, No. 8 division Century Camera, Société Eastman Kodak (Rochester, N.Y.) ca. 1908-15 No. d’artefact : 2013.0126

Figure 1. Appareil photo panoramique Cirkut
Century 46, No. 8
division Century Camera,
Société Eastman Kodak (Rochester, N.Y.)
ca. 1908-15
No. d’artefact : 2013.0126

Après avoir examiné l’appareil photo panoramique Cirkut (Figure 1), l’une des premières questions à ressortir portait sur les photographies panoramiques. Les photos ont-elles survécu? Si oui, où sont-elles?

 

Serions-nous assez chanceux pour trouver des photos panoramiques et les preuves à l’appui qui les relieraient à l’artéfact nouvellement acquis? En fait, nous l’avons été! Il y a environ un an et demi, une recherche des faits m’a dirigé vers Karen Ball-Pyatt à la salle d’histoire locale Grace Schmidt de la bibliothèque publique de Kitchener. Mes échanges avec Karen ont confirmé l’existence des panoramas militaires de Denton datant de 100 ans (Figure 2), conservés en toute sécurité dans leurs collections. Notre recherche et l’examen des photos par Wilhelm Nassau et Dolf Bogad ont permis à notre équipe de conclure que l’appareil photo et les superbes photos panoramiques de Denton avaient une relation de correspondance aussi étroite que nous pourrions l’espérer. C’est grâce à Karen que le partage de cette histoire, par l’entremise d’une collaboration entre @KPL_GSRHistory et @SciTechMuseum, deviendrait réalité.

 

 

« J’aimerais seulement dire que Ernest Denton était mon arrière-grand-père. Dans notre enfance, c’était notre Papi et c’était un homme merveilleux. Je n’ai jamais su qu’il était un excellent photographe, pour moi, il n’était que mon Papi. »

~ Mme Linda Tucker, mars 2015.

 

Figure 2. Photo panoramique, Studio Denton, 1916.

Figure 2. Photo panoramique, Studio Denton, 1916. Courtoisie de la sale d’histoire locale Grace Schmidt de la bibliothèque publique de Kitchener.

 

Innovations canadiennes :

 

Dans ce dernier versement, je présenterai un bref aperçu des innovations canadiennes pour l’évolution de la photographie panoramique, une technique employée pour capter en une seule exposition des vues larges et ininterrompues d’une scène, comme des photos de grands groupes.

 

C’est vers la fin des années 1880 que l’invention de la pellicule souple enroulée a permis aux inventeurs, innovateurs et fabricants de la jumeler à un mécanisme qui faisait tourner un appareil autour de l’axe optique d’une lentille, et ce, en même temps que la pellicule passait devant l’obturateur. Deux Canadiens, John Robert Connon et William James Johnston, ont contribué au perfectionnement de ce système mécanique. Les avancées dans l’évolution de la photographie panoramique et la conception de l’appareil photo panoramique Cirkut ont permis de perfectionner le système qui a eu alors la capacité de capter des scènes larges et allongées sur pellicule et sur des photos allant jusqu’à 2,45 m, ce qui dépasse le champ de vision de l’œil humain. Connon et Johnston ont tous les deux obtenu des brevets pour les dessins de leurs appareils photo pouvant prendre des photos panoramiques à 360 degrés.

 

Figure 3. Panorama du village d'Elora (Ontario), J.R. Connin, 1887. Avec la courtoisie du Wellington County Museum and Archives / PH 2754.

Figure 3. Panorama du village d’Elora (Ontario), J.R. Connon, 1887. Courtoisie du Wellington County Museum and Archives / PH 2754.

 

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Figure 4. Brevet canadien de Connon, 1888. Canadian Intellectual Property Office, Patent document 30, 143.

 

 

John Robert Connon (1862-1931), un photographe de la ville d’Elora, dans le comté de Wellington, en Ontario a obtenu le brevet canadien no 30,143 le 21 août 1888 pour son invention de l’appareil photo panoramique Whole-Circle (Figure 4). La première photo panoramique prise par Connon avec un appareil de type cycloramique était du paysage de la ville d’Elora en 1887 (Figure 3).
On en connait un peu moins au sujet de William James Johnston (1856-1941), surtout de sa vie adulte. Il est né à Portsmouth, en Ontario, mais a vécu aux États-Unis dans les années 1870 à 1905, d’abord au Wyoming, ensuite à Rochester, dans l’état de N.Y. (Lansdale, PHSC, 2010). Pendant qu’il travaillait au sein de la Rochester Panoramic Co. (avec Reavil et coll.), il a obtenu deux brevets américains pour des appareils photo panoramiques, dont l’un est estampé à l’intérieur du dos panoramique de cet appareil photo Cirkut. En 1905, Johnston est revenu au Canada et s’installe à Toronto où il a fondé la Société de la caméra panoramique du Canada (1907). Johnston meurt presque sans un sou dans une maison de Toronto en 1941 (Lansdale, PHSC, 2010).

 

La leçon à tirer dans cette série de blogs a été la richesse des histoires et des récits qui ont été révélées, en particulier lorsque l’on combine une approche « lecture des artefacts » aux documents textuelles et iconographiques, peu importe où ils se trouvent. Lorsqu’ils sont pris ensemble et en contexte, l’effet multiplicateur de collectionner et de collaborer devient quasi incontestable.

 


 

Partie 1 : Un appareil photo panoramique Cirkut et son propriétaire

Par Michel Labrecque, conservateur adjoint, Société des musées de sciences et technologies du Canada

Publié le 25 février 2015

 

Partie 2 : Ernest Denton et ses activités à Kitchener

Par Karen Ball-Pyatt, bibliothécaire à la salle Grace Schmidt de la bibliothèque publique de Kitchener

Publié le 4 mars 2015

 

Partie 3 : La difficulté de dater l’appareil photo Cirkut de Denton

Par Michel Labrecque

Publié le 11 mars 2015

 

Partie 4 : Photos panoramiques parfaites

Par Karen Ball-Pyatt

Publié le 18 mars 2015

 

Partie 5 : Innovations canadiennes pour la photographie panoramique

Par Michel Labrecque

Publié le 27 mars 2015

 


 

Références bibliographiques :

1. Connon, John Robert, Application for Patent for Photographic Instrument, ministère de l’Agriculture, Elora, Ontario, 21 août 1888.

2. George Eastman House, Rochester, N.Y.

3. Lansdale, Robert, The Inventors of the Cirkut Camera and its Parts, Photographic Canadiana, vol. 36, numéro 1, mai-juin 2010.

4. McBride, Bill, Evolution of the No. 10 Cirkut Camera, Photographic Canadiana, vol. 36, numéro 1, mai-juin 2010.

5. McKeown, James M., McKeown’s Price Guide to Antique & Classic Cameras 12e édition, 2005/2006, Wisconsin.

6. Silversides, Brock, Panoramic Photography, Photographic Canadiana, vol. 10, numéro 6, mars-avril 1985.

 

Remerciements :

Nous aimerions remercier Karen Ball-Pyatt de la salle d’histoire locale Grace Schmidt pour son intérêt et son enthousiasme à participer à ce projet, pour son temps, ses recherches inestimables et son grand dévouement. Nous remercions également la bibliothèque publique de Kitchener d’avoir partagé sa collection des œuvres de Denton. Un remerciement particulier à Wilhem Nassau et Dolf Bogad pour le don de l’appareil photo et le partage de leur enthousiasme et leurs connaissances de la photographie panoramique. Merci à Bryan Dewalt pour sa critique du projet et ses idées et merci à Wellington County Museum and Archives de nous avoir donné la permission d’utiliser la photo d’Elora de Connon. Nous aimerions également souligner la contribution de Mme Linda Tucker, l’arrière-petite-fille de Ernest Denton d’avoir partagé la mémoire de son « Papi ».

 

 

 

 

This is the kit ! Donated to the Museum by Parks Canada in March 2013.
Photo: CSTMC/T.Alfoldi

Trousse d’études de la neige de George Klein

Mes recherches sur le dévelopement des sciences de la neige et des avalanches au Canada a débuté en décembre 2012 après avoir fait plusieurs demandes de renseignements quant à l’emplacement d’une trousse d’étude de la neige développé par George Klein.

Trousse des sciences de la neige de Klein, 1947-2013
Manufacturier : Conseil national de recherches Canada, Division of Building Research
Endroit : Lieu historique national du Canada du Col-Rogers, C.-B., Parcs Canada, Parcs nationaux du Mont-Revelstoke et des Glaciers
No. d’artefact no. : 2013.0059.001-.010

Un pionnier du programme du satellite Alouette et membre du Panthéon canadien de la science et du génie, Klein est considéré comme l’un des inventeurs les plus prolifiques au Canada. Il a développé une trousse des sciences de la neige dans les années 1940. Mais où était-elle, et comment pourrait-on la recueillir ?

Ces trois instruments provenaient d’une des trousses originales de Klein. Ils furent utilisé dans les années 1950 pendant la construction de l’autoroute Transcanadienne au Col-Rogers par deux pionniers de la recherche sur les avalanches au Canada – Noel Gardner et Peter Schaerer, un scientifique du CNRC.

Piqué par la curiosité, et connaissant bien les liens possible avec la recherche sur les avalanches au pays, j’ai décidé de faire enquête. Mais qui pourrait m’aider ? Des contacts ont été établis, me menant à avoir eu plusieurs discussions avec des gens du CNRC à Ottawa, avec le Centre d’avalanche de la Haute Gaspésie au Québec, le centre canadien des avalanches (CAC) à Revelstoke, Parcs Canada, et finalement, avec le programme ASARC de l’Université de Calgary.

La persévérance a porté fruit ! C’est en janvier 2013, avec l’aide indispensable du Dr John Woods, un naturaliste de Parcs Canada à la retraite, et un étudiant au doctorat du programme ASARC de l’Université de Calgary, qu’ils ont pu localiser une de ces fameuses trousses. Plus de soixante ans après avoir été conçue, elle servait encore, à la station de recherche du mont Fidelity dans le Parc national des glaciers du Canada, en Colombie-Britannique.

C’est lors de ma visite au Lieu historique national du Canada du Col-Rogers en mars 2013 que Jeff Goodrich et Jacolyn Daniluck de Parcs Canada ont fait don au Musée d’une seconde trousse d’études de la neige. Marqué par l’usure du temps, celle-ci (ci-dessus), et en utilisation jusqu’à récemment, comprenait quatre instruments d’origine de Klein : une balance à fléau estampé « NRC / DBR », un couteau à échantillonnage de la neige, un bol, ainsi qu’une jauge de densité de la neige.

Plot d’études de la neige,
Mont Fidélité, Parcs Canada, 1965, Parc national des Glaciers
Fred Schleiss tient une carte d’identité de cristal de neige et identifie le type et la taille des grains de neige. Vu accroché à la poignée de la pelle, la balance à fléau de Klein et le petit seau sont certains des instruments de bases servant à déterminer la densité de la neige aux divers profondeurs de ce plot d’étude.
Photo : Reproduit avec la permission de Parcs Canada.

Ces instruments furent développé dans les années 1940 par George Klein pour études visant à avancer ses recherches sur le dévelopement de trains d’atterissage-skis pour avions. Les recherches de Klein dans ce domaine ont contribué à l’établissement d’un standard internationale de classification de la neige aussi bien qu’aux études d’avalanches pendant la planification et la construction de la Route transcanadienne.

Merci à Johan Schleiss pour une visite de ce plot d’études de la neige.
Lieu historique national du Canada du Col-Rogers, C.-B.
Photo de l’auteur, mars 2013

Clickez ici pour voir VIDÉO « Chasse-neige sur la route Transcanadienne »

Vidéo pris du stationnement Bostok Creek au pied du mont Fidélité dans le Parc national du Canada des Glaciers, en Colombie Britannique.
Situé à une élévation de 1 900m, la station de recherche du Mt. Fidélité est une station de météo et sciences de la neige pour le controle des avalanches. Avec une accumulation moyenne de 14 mètres (42 pieds), c’est l’emplacement le plus enneigé au Canada et le 3e emplacement le plus enneigé au monde.
Photo/vidéo de l’auteur, février 2011.

 

Resources :

Terres des neiges en furie

http://www.landofthunderingsnow.ca/index-fra.php

Centre d’avalanche de la Haute Gaspésie

http://www.centreavalanche.qc.ca/

Le Panthéon canadien des sciences et du génie

http://cstmuseum.techno-science.ca/fr/pantheon/le-pantheon-george-j-klein.php

Lieu historique national du Canada du Col-Rogers

http://www.pc.gc.ca/fra/lhn-nhs/bc/rogers/index.aspx

Parc national du Canada des glaciers

http://www.pc.gc.ca/fra/pn-np/bc/glacier/index.aspx

Renseignements d’avalanche dans l’arrière pays

http://www.pc.gc.ca/fra/pn-np/bc/glacier/visit/a9.aspx

 

Remerciements :
Merci à Parcs Canada (Jeff Goodrich, Jacolyn Daniluck, et Johan Schleiss) pour le don de la trousse de Klein et autres objets au Musée. Au Dr John Woods, Wildvoices Consulting et Mike Conlan, Programme ASARC, Université de Calgary pour avoir trouvé les instruments de Klein encore en usage, et de nous avoir dirigé dans la bonne direction. Au Conseil national de recherches du Canada (CNRC) pour l’utilisation de la photo du kit, et à M. Dick Bourgeois-Doyle pour avoir répondu aux nombreuses questions que j’avais sur George Klein.

Sources :

Bourgeois-Doyle, R., George Klein: The Great Inventor, National Research Council Press, Ottawa, Canada, 1994.

Klein, G.J., Method of Measuring the Significant Characteristics of a Snow-Cover, Report No. MM-192, National Research Council of Canada, Ottawa, November 1946.

Klein, G.J., Canadian Survey of Physical Characteristics of Snow-Covers, For presentation at the Oslo Conference of the International Union of Geodesy and Geophysics, National Research Council of Canada, Ottawa, June 1948.

Proceedings of 1947 Conference on Snow and Ice, Associate Committee on Soil and Snow Mechanics. Technical Memorandum No. 10 of the Associate Committee on Soil and Snow Mechanics, NRC, Ottawa, October 1947.

The International Classification for Snow, Issued by the International Association of Hydrology. Published as Technical Memorandum No. 31 by the Associate Committee on Soil and Snow Mechanics. National Research Council of Canada, Ottawa, August 1954.

 

Musée des sciences et de la technologie du Canada

http://cstmuseum.techno-science.ca/fr/pantheon/le-pantheon-george-j-klein.php

SMSTC / 2014