L’exposition intitulée Vaccination: Fame, Fear and Controversy, 1798-1998, est présentée du lundi au vendredi de 9 h à 17 h à la Bibliothèque Osler de l’histoire de la médecine, à l’Université McGill, jusqu’à la fin d’avril 2017.

Espoir et peur dans une fiole de verre — Retracer l’histoire de la vaccination en compagnie de la Bibliothèque Osler

Ce modeste tube capillaire rempli de liquide a beaucoup plus de valeur que ce dont il a l’air. Outre ses vertus contre la variole, il est porteur d’espoir pour l’éradication d’une maladie que T. B. Macaulay considérait autrefois comme « toujours présente, remplissant les cimetières, planant constamment au-dessus de ceux qu’elle n’avait pas encore frappés, laissant sur ceux dont elle avait épargné la vie les traces hideuses de son pouvoir… »[1] Pour certains, il laisse même entrevoir la possibilité d’éliminer toutes les maladies infectieuses. Pour d’autres, il suscite la peur et la méfiance à l’égard de la médecine moderne. D’autres encore le voient comme une combinaison de ces sentiments, à divers degrés.

Tube capillaire contenant le vaccin antivariolique fabriqué par les Laboratoires Connaught à Toronto (Ontario) vers 1939. Technologie médicale, Musée des sciences et de la technologie du Canada, No d’artefact : 2002.0101

En 1798, Edward Jenner, médecin de campagne d’origine anglaise, publie les résultats de ses expériences sur l’inoculation de la vaccine — procédé qu’il appelle la vaccination — et son utilité pour prévenir la variole. Bien que la vaccination ne tarde pas à se répandre dans le monde entier, ses bienfaits sont vivement contestés depuis le début. Beaucoup, y compris des médecins, hésitent à « introduire un virus animal dans le sang humain ».[2]

Image de la main de Sarah Nelmes, sur laquelle Jenner a prélevé la substance contaminée pour l’inoculer à James Phipps en 1796. Edward Jenner, An inquiry into the causes and effects of the variolae vaccinae, a disease discovered in some of the western counties of England, particularly Gloucestershire, and known by the name of the cow pox, London: D.N. Shury, 1800.

Image de la main de Sarah Nelmes, sur laquelle Jenner a prélevé la substance contaminée pour l’inoculer à James Phipps en 1796. Edward Jenner, An inquiry into the causes and effects of the variolae vaccinae, a disease discovered in some of the western counties of England, particularly Gloucestershire, and known by the name of the cow pox, London: D.N. Shury, 1800.

Dès 1802, caricaturistes et satiristes se moquent des craintes de la population selon laquelle [traduction libre] « le sujet humain, à qui on a inoculé la vaccine, devient contaminé et se transforme en brute… le nourrisson vacciné aura une tête de bœuf et son corps sera tout couvert de poils comme une vache. »[3] La vaccination demeurera un sujet controversé pendant tout le 19e siècle et l’est encore aujourd’hui, même après que les espoirs d’éradication de la variole se sont concrétisés en 1980.

Dessin satirique de James Gilray illustrant les effets de la vaccination. The Cow-Pock – or – the Wonderful Effects of the New Inoculation! London: H. Humphrey, 1802. The British Museum.

Dessin satirique de James Gilray illustrant les effets de la vaccination. The Cow-Pock – or – the Wonderful Effects of the New Inoculation! London: H. Humphrey, 1802. The British Museum.

Pièce de la collection muséale, la fiole de vaccin antivariolique, vestige de la lutte contre la maladie, est actuellement exposée à la Bibliothèque Osler de l’histoire de la médecine, à l’Université McGill. La nouvelle exposition qui y est présentée, Vaccination: Fame, Fear and Controversy, 1798-1998, reprend les arguments formulés par les défenseurs et les détracteurs de la vaccination dans les 200 années qui ont suivi la publication des recherches de Jenner. Ici, les artéfacts du Musée des sciences et de la technologie du Canada s’unissent à la collection de livres rares de la bibliothèque pour illustrer comment le conflit s’est manifesté dans l’Angleterre du début du 19e siècle, dans l’épidémie de variole qui frappa Montréal en 1885 et dans celle de Toronto en 1919. L’exposition relate les faits historiques de la controverse engendrée par la vaccination, tentant de comprendre la méfiance et les craintes qu’elle suscite.

L’exposition intitulée Vaccination: Fame, Fear and Controversy, 1798-1998, est présentée du lundi au vendredi de 9 h à 17 h à la Bibliothèque Osler de l’histoire de la médecine, à l’Université McGill, jusqu’à la fin d’avril 2017.

L’exposition intitulée Vaccination: Fame, Fear and Controversy, 1798-1998, est présentée du lundi au vendredi de 9 h à 17 h à la Bibliothèque Osler de l’histoire de la médecine, à l’Université McGill, jusqu’à la fin d’avril 2017.

Cynthia L. Tang est un Chercheur attaché, Université McGill et SMSTC

[1] T. B. Macaulay, The History of England from the Accession of James II, Boston: De Wolfe, Fiske & Co., 1831, 424.

[2] Benjamin Moseley, Commentaries on the Lues Bovilla or Cowpox, London: Longman, Hurst, Rees, and Orme, 1806.

[3] Auteur anonyme, Satirical poem on Moseley’s “Commentaries on the Lues Bovilla, or Cow Pox”, in The Vaccine Phantasmagoria, London: J. Murray, 1808.