Figure 1. « Wake Up Call », de Robert Bailey, 2001. Ouvre autographiée ayant appartenu à John Colton.

Wake Up Call : Rencontres entre le pilote d’un Typhoon et celui d’un Focke-Wulf

En 2014, le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada a eu le privilège de recevoir un prêt du Royal Air Force Museum d’Angleterre : le seul Hawker Typhoon encore existant. Le Typhoon est un avion unique et impressionnant de la Seconde Guerre mondiale. Piloter un Typhoon pouvait aussi être très dangereux. Bien sûr, c’est toujours dangereux de piloter un avion en temps de guerre, mais le Typhoon a fait des choses un peu plus difficiles que d’autres. Sa conception et son moteur étaient problématiques. On y a apporté des centaines de modifications durant les deux à trois premières années de son existence. En vol, le Typhoon s’apparentait aussi beaucoup au Focke-Wulf Fw 190 allemand et était souvent la cible de tirs amis, et ce, même avant d’engager un vrai combat !

 

 

Figure 1. « Wake Up Call », de Robert Bailey, 2001. Ouvre autographiée ayant appartenu à John Colton.

Figure 1. « Wake Up Call », de Robert Bailey, 2001. Oeuvre autographiée ayant appartenu au capitaine John Colton.

 

 

Il va sans dire que j’ai énormément de respect pour les pilotes de Typhoon. J’ai donc été très touché quand un homme appelé John Colton m’a appelé de Sherbrooke, au Québec, pour me dire qu’il souhaitait faire don de quelques objets et photographies appartenant à son père, le capitaine d’aviation John Colton (1923 – 2013), qui avait été pilote d’un Typhoon. C’est toujours un honneur pour nous de préserver et d’exposer des biens se rattachant aux vétérans canadiens, et ce l’est particulièrement dans ce cas, puisque notre collection renferme peu d’artefacts illustrant l’expérience des pilotes canadiens de Typhoon.

 

 

Figure 2. Le capitaine d’aviation John Colton et son Hawker Typhoon. Squadron 137 de la Royal Air Force (RAF), Manston, Angleterre, juillet 1944.

Figure 2. Le capitaine d’aviation John Colton et son Hawker Typhoon. Squadron 137 de la Royal Air Force (RAF), Manston, Angleterre, juillet 1944.

 

 

Colton a dit qu’il avait pensé à nous parce que c’est à nous qu’on avait prêté le Typhoon. Je l’ai invité à nous transmettre des photos des objets en question, mais il a préféré venir me montrer les objets lui-même. C’est un homme merveilleux, aimable et manifestement très fier du travail accompli par son père durant la Seconde Guerre mondiale.

 

J’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l’histoire de John Colton.

 

 

Colton a dit qu’il avait pensé à nous parce que c’est à nous qu’on avait prêté le Typhoon. Je l’ai invité à nous transmettre des photos des objets en question, mais il a préféré venir me montrer les objets lui-même. C’est un homme merveilleux, aimable et manifestement très fier du travail accompli par son père durant la Seconde Guerre mondiale.

 

Comme je l’ai mentionné, le Typhoon était, au dire de tous, un avion difficile à piloter. Si je me fie à ce que j’ai lu à ce sujet, le Typhoon ne laissait personne indifférent – on l’aimait ou on le détestait. John Colton était de ceux qui l’aimaient. En moyenne, les pilotes de Typhoon ont fait 26 sorties (ou missions) – il en a fait 75! John Colton a servi au sein de l’escadron no 137 de la Royal Air Force et participé à plusieurs missions importantes pendant les deux dernières années de la guerre, soit l’opération Overlord, l’opération Market Garden, la Bataille des Ardennes et l’opération Bodenplatte. Si son nom n’est pas très connu, contrairement à George Frederick « Buzz » Beurling, le célèbre pilote de Spitfire, il n’en demeure pas moins un pilote remarquable et un homme tout aussi remarquable.

 

 

Figure 3. A) L’uniforme que portait le capitaine Colton, accompagné des diverses médailles qui lui ont été décernées, dont la Médaille du jubilé de la reine Élisabeth en 2012. B) John Colton posant devant son Hawker Typhoon. C) Un petit échantillon de la collection de photographies de John Colton, parmi ses carnets sur le Typhoon et son célèbre moteur, le Napier Sabre.

Figure 3. A) L’uniforme que portait le capitaine Colton, accompagné des diverses médailles qui lui ont été décernées, dont la Médaille du jubilé de la reine Élisabeth en 2012. B) John Colton posant devant son Hawker Typhoon. C) Un petit échantillon de la collection de photographies de John Colton, parmi ses carnets sur le Typhoon et son célèbre moteur, le Napier Sabre.

 

 

Le 1er janvier 1945 marqua le début de l’opération Bodenplatte, une opération de la Luftwaffe visant à détruire des avions alliés basés en Belgique et aux Pays-Bas. Boesch pilotait l’un des appareils Fw 190 qui attaquèrent la base de Colton ce matin-là, tuant l’un de ses bons amis et détruisant de nombreux avions Typhoon au sol. Celui de Colton a été l’un des seuls à ne pas subir de dommages durant l’attaque.

 

 

A.A. position at Arnheim attacked. Bags of heavy and light flak!!!

∼ capitaine d’aviation John Colton, le 16 septembre 1944.

 

 

Les deux hommes se sont en quelque sorte liés d’amitié. Ils n’étaient pas particulièrement proches, mais à partir de ce jour, Boesch n’a cessé d’appeler Colton le 1er janvier de chaque année. Les deux ont aussi contribué à la réalisation d’une œuvre de l’artiste peintre Robert Bailey, chacun relatant de son point de vue les événements de cette journée. Une reproduction autographiée et encadrée de l’œuvre intitulée Wake Up Call! est l’un des objets dont M. Colton a fait don au Musée. Chaque fois que je la regarde, je pense aux liens étranges et précaires qui unissaient ces deux homes.

 

 

Figure 4. Pages tirées du carnet de route du capitaine John Colton, dans lequel il a tenu la chronique de ses missions jusqu’à septembre 1944.

Figure 4. Pages tirées du carnet de route du capitaine John Colton, dans lequel il a tenu la chronique de ses missions jusqu’à septembre 1944.

 

 

Les objets et les photographies dont M. Colton nous a fait don sont magnifiques en soi, mais je dois dire qu’ils prennent une dimension toute particulière quand vous pouvez établir cette connexion avec la personne à qui ils appartenaient. Après tout, que serait l’histoire sans personne pour la raconteur?

 

 

Pour de plus amples renseignements du service de guerre du Capitaine John Colton.

 

Typhoon Johnny : Vole en rase-motte avec le pilote de chasse canadien Johnny Colton

Pierre Lapprand, Les ailes d’époques du Canada

 « Je pouvais sentir l’odeur de la mort à 1 000 pieds »

Joanna Calder, Aviation royale canadienne.

 

Références :

 

Joanna Calder, « Je pouvais sentir l’odeur de la mort à 1 000 pieds », Aviation royale canadienne, 1er novembre, 2013.

http://www.rcaf-arc.forces.gc.ca/fr/nouvelles-modele-standard.page?doc=je-pouvais-sentir-l-odeur-de-la-mort-a-1-000-pieds/hnho59ht

 

Hugh Halliday, Typhoon and Tempest: The Canadian Story

 

Pierre Lapprand avec Dave O’Malley, Michel Côté, et John Baert, Typhoon Johnny : Vole en rase-motte avec le pilote de chasse canadien Johnny Colton, Les ailes d’époques

http://www.vintagewings.ca/VintageNews/Stories/tabid/116/articleType/ArticleView/articleId/418/Johnny-Typhoon.aspx

 

Arthur Reed, Typhoon and Tempest at War