Un étudiant de l’Université Tribhuvan administre de l’oxyde de diéthyle au moyen d’un masque de Schimmelbush. Mention de source : Dr Roger Maltby.

Les liens éther-nels entre Calgary et Katmandou

La Dre Jan Davies, professeure d’anesthésie et professeure agrégée de psychologie à l’Université de Calgary, a communiqué avec moi l’été dernier parce qu’elle voulait faire don de quelques instruments au Musée au nom du Foothills Medical Centre. Elle possédait en effet des objets susceptibles de combler certaines des lacunes de la collection sur le plan technique, tout en reflétant l’aspect culturel des travaux et de la recherche dans le domaine médical.

Collection de tubes pharyngés Tudor-Williams utilisés dans les salles d’opération du Foothills Medical Centre (FMC) de Calgary, en Alberta. Mention de source : Dre Jan Davies.

Collection de tubes pharyngés Tudor-Williams utilisés dans les salles d’opération du Foothills Medical Centre (FMC) de Calgary, en Alberta. Mention de source : Dre Jan Davies.

Parmi les objets en question se trouvaient quelques articles du Dr Roger Maltby, autrefois anesthésiologiste au FMC et professeur émérite en anesthésiologie à l’Université de Calgary. Or, ces articles, un masque de Schimmelbush et un inhalateur Epstein-Macintosh-Oxford dans sa mallette originale, avaient été employés pour enseigner la médecine au Népal durant les années 1980.

Robuste et portable, ce nébuliseur E. M. O. était conçu pour administrer un mélange d’air et d’oxyde de diéthyle (éther). Il est accompagné d’un livret de directives et d’une mallette de voyage à laquelle est encore attachée une vieille étiquette des lignes aériennes Canadien International. Mention de source : Dr Roger Maltby.

Robuste et portable, ce nébuliseur E. M. O. était conçu pour administrer un mélange d’air et d’oxyde de diéthyle (éther). Il est accompagné d’un livret de directives et d’une mallette de voyage à laquelle est encore attachée une vieille étiquette des lignes aériennes Canadien International. Mention de source : Dr Roger Maltby.

Au début des années 1980, l’Organisation mondiale de la santé prévoyait qu’il faudrait au moins 27 anesthésiologistes pour répondre à la demande durant cette décennie. Or, les systèmes en place ne permettaient pas d’en former un si grand nombre en si peu de temps. Quelques années plus tard, on ne comptait encore que sept de ces spécialistes pour l’ensemble du Népal, tous postés dans des hôpitaux de Katmandou, hors de portée des habitants des autres régions du pays.

Le masque de Schimmelbush est doté d’une rainure peu profonde sur son pourtour, conçue pour recevoir les petites fuites d’anesthésiant liquide. Mention de source : Dr Roger Maltby.

Le masque de Schimmelbush est doté d’une rainure peu profonde sur son pourtour, conçue pour recevoir les petites fuites d’anesthésiant liquide. Mention de source : Dr Roger Maltby.

Au printemps 1984, on a donc demandé à l’Université de Calgary de participer à l’établissement d’une formation en anesthésiologie à l’Université Tribhuvan de Katmandou. Le Dr Maltby avait alors accepté le poste de coordonnateur de l’équipe canadienne, et ce, même s’il n’avait aucune expérience en matière d’élaboration de programmes adaptés aux circonstances de pays en voie de développement. L’hiver dernier, lors d’une conversation téléphonique, le Dr Maltby a expliqué sa décision en supposant qu’on ne lui aurait pas demandé d’exercer ces fonctions si on ne l’avait pas jugé capable de le faire.

Je considère pour ma part que ce commentaire occulte l’importance du rôle qu’il a joué. Il a en effet consacré non seulement des mois à la fois au Népal pour mettre le programme en place, mais aussi des années à planifier, à évaluer et à analyser les diverses composantes. S’il maintient que « ce programme a toujours été le leur », nous savons que le Dr Maltby a été essentiel à sa réalisation.

Un étudiant de l’Université Tribhuvan administre de l’oxyde de diéthyle au moyen d’un masque de Schimmelbush. Mention de source : Dr Roger Maltby.

Un étudiant de l’Université Tribhuvan administre de l’oxyde de diéthyle au moyen d’un masque de Schimmelbush. Mention de source : Dr Roger Maltby.

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